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Théophraste et l’origine de la botanique

Recherches sur les plantes - A l'origine de la botaniqueRécemment, j’ai eu l’infime honneur d’apporter ma modeste contribution à un ouvrage universitaire de grande qualité, écrit par une helleniste de renom, sous forme de quelques clichés botaniques. Voici un lien pour se le procurer.

« Le nom de Théophraste évoquera pour certains lecteurs un souvenir de collège : on sait que La Bruyère a imité dans ses Caractères, à vrai dire très librement, un ouvrage homonyme dû à un écrivain grec de l’Antiquité qui s’appelait Théophraste.
On sait moins que ce disciple d’Aristote partageait avec son maître une curiosité insatiable pour de nombreuses branches du savoir : philosophie, politique, psychologie, sciences de la vie, etc. Les listes anciennes de ses ouvrages comptent plus de 200 titres, mais le texte en est perdu à quelques exceptions près, dont précisément les Caractères et deux grands traités botaniques intégralement conservés, les Recherches sur les plantes et Les causes des phénomènes végétaux.
Si ce dernier propose des explications que la science moderne n’a pas toujours validées, les Recherches sur les plantes sont unanimement considérées comme l’ouvrage fondateur de la botanique. La plupart des espèces végétales indigènes en Grèce y sont décrites avec un sens de l’observation d’une acuité remarquable. S’y ajoutent les plantes exotiques portées à la connaissance de Théophraste par les rapports des naturalistes qui accompagnèrent Alexandre le Grand dans sa conquête de l’Orient, depuis l’Egypte jusqu’à l’Inde en passant par l’Asie centrale.
On assiste avec émerveillement à la découverte par les Grecs du IVe siècle avant notre ère d’un monde aussi nouveau pour eux que le fut bien plus tard l’Amérique pour les compagnons de Christophe Colomb.
 »

Suzanne Amigues, Belin, 2010, ISBN : 978-2-7011-4996-7, 413 pages

La collec’ de palmiers (3)

Aujourd’hui, c’est au tour du palmier queue de poisson ou palmier céleri d’être placé sous le feu de la rampe.  De son vrai nom savant Caryota mitis, il est originaire de Malaisie, et c’est donc un palmier à réserver en pleine terre aux régions tropicales (zone 10b pour les connaisseurs), bien que certaines variétés légèrement plus rustiques tolèrent de faibles gelées (-2°C maximum) et commencent à se trouver dans le sud de l’Espagne et de la Californie, en Floride, etc.

Alors qu’à t-il de particulier celui là ? D’abord, son grand intérêt ornemental vient de la forme spéciale de ses feuilles pennées, de forme plus ou moins rhomboidales et à l’apex caudé. C’est un palmier cespiteux (il forme des touffes), mais il est surtout monocarpique : le pied mère meurt des la maturation des graines. Chaque stipe ne peut donc que fleurir une fois, la plante repartant grâce aux rejets latéraux. Quelques palmiers sont dans ce cas, comme le fameux talipot, palmier monumental dont la mort programmée après la floraison laisse un gigantesque cadavre végétal sur place.

Enfin, les stipe sont moucheté de petites tâches noires caractéristiques, et les fruits sont toxiques car rendus très urticants à cause de la présence d’acide oxalique.

Caryota mitis

Caryota mitis

C’est un palmier assez simple à cultiver en intérieur, relativement insensible aux cochenilles, avec une exposition ombragée à moyennement lumineuse.

La collec’ de palmiers (2)

Aujourd’hui, c’est le tour du fameux Rhapis excelsa, un palmier cespiteux, c’est à dire développant plusieurs stipes (ou troncs), lui donnant un aspect très touffu. Il est originaire du sud-est de la Chine, mais est désormais très largement répandu en Asie tropicale et subtropicale, les japonais en sont tellement friands  qu’ils en ont fait des variétés bonzai.

Sa résistance au froid est convenable de l’ordre de -5°C, mais il lui faut de l’ombre ou de la mi-ombre, et le vent a tendance à abimer ses belles palmes. Mais c’est, dit-on, un des meilleurs palmier d’intérieur qui soit,  il  est vrai que cette espèce est particulièrement rustique et tolérante. Même si il supporte un peu de sécheresse,  il préfère nettement les sols humides. Enfin, il est assez insensible aux cochenilles, ce qui est notable pour un palmier.

Rhapis excelsa

Rhapis excelsa : vue d'ensemble et détail d'une inflorescence

Voila donc un palmier à essayer à l’extérieur dans toutes les régions douces.

Le géant primitif

Magnolia grandiflora

Magnolia grandiflora - vue d'une fleur

Cette semaine, mon exemplaire de Magnolia grandiflora a sorti sa première fleur. Contrairement à la majorité des autres Magnolia, celui ci est persistant et résiste un peu mieux à la sécheresse que les autres espèces du genre, c’est notamment pour cela qu’il est abondamment planté dans nos villes du sud de la France. La majorité des Magnolia se retrouvent en Asie tempérée ou tropicale, mais celui ci est originaire du sud-est des Etats-Unis.  Il est bien rustique au sud de la Loire et dans certaines régions protégées au nord du fleuve (Paris par exemple).

Alors pourquoi géant primitif ? Les Magnolia sont des plantes très anciennes, parmi les premières plantes à fleur existantes encore en vie de nos jours.  D’ailleurs leur famille, les Magnoliaceae appartiens à la sous-classe des Magnoliidae, la plus primitive des Angiospermes ou plantes à fleurs. Dans ce groupe, on retrouve aussi la renoncule, le laurier, les annones, les nénuphars…

Magnolia grandiflora

Magnolia grandiflora - détail du thalamus

D’abord, ce sont des végétaux ligneux (à bois), globalement considérés comme plus anciens que les herbes (et oui c’est surprenant).  Le bois est antédiluvien :  pas de tubes criblés notamment, loin de structures ligneuses complexes, le bois des magnolia est homogène.  Mais c’est au niveau de l’architecture florale que cette ancienneté est réellement visible. Une des grande tendance de l’évolution florale au cours des temps consiste en une simplification de cette structure ainsi qu’à un enfermement progressif du gynécée (ou pistil) afin de protéger la descendance des aléas de la vie…

Chez ce Magnolia, la fleur est grosse, solitaire, terminale. Les pièces du périanthe sont encore indifférenciées (pas de sépales ou de pétales vraiment distincts), en nombre irrégulier. Mais surtout, les pièces fertiles sont exposées sur une structure centrale nettement saillante, le thalamus, élément spécifique de cette famille. Ce thalamus comprend en bas un grand nombre de grosses étamines rapidement caduques et en haut les pièces fertiles femelles, les carpelles, exposés à l’air libre, sans aucune protection face aux dangers extérieurs. Chacune donnera un fruit indépendant.  Plus tard dans l’évolution, ces carpelles deviendront bien moins nombreux puis uniques et « descendront » en dessous du plan floral basal : ils se retrouveront enfermés bien à l’abri…

…. en fait c’est déjà bientôt

Plantes et botaniqueNe pouvant plus voir le site actuel en pâture, j’ai décidé de mettre en ligne dès ce week end la nouvelle version de « Plantes et botanique« .  L’opération s’est bien passée, et aucun incident majeur n’a été à déplorer.

Toutefois,  cette nouvelle version se trouve amputée momentanément de quelques sections et fonctionnalités. Manquent donc à l’appel la partie « botanique », donnant accès à l’exposé de notions de biologie végétale, la partie « espace membre », la recherche avancée et le lexique botanique.  Ces éléments viendront se greffer au fur et à mesure de leur développement.

La collec’ de palmiers (1)

Beccariophoenix madagascariensis

Beccariophoenix madagascariensis

La famille des palmiers ou Arecaceae est une importante famille d’herbes arborescentes,  autant en nombre d’espèces qu’en terme de nombre de plantes utiles à l’homme. Essentiellement tropicale, elle fournit nourriture, huiles, énergie, vins, matériaux de construction et d’ameublement un peu partout sur Terre. Leur aspect très exotique alliée à une certaine robustesse leur confère aussi un grand intérêt horticultural.

Voila donc une série de petits articles présentant les spécimens de ma collection de palmiers.  La difficulté certaine est d’accéder à des espèces variées, et si il est aisé de trouver quatre ou cinq espèces communes, il est parfois dommage de devoir aller chercher la grosse vingtaine d’autres espèces toutes aussi rustiques ici, dans le sud-est de la France, à l’autre bout de l’Europe.

Beccariophoenix madagascariensis

Beccariophoenix madagascariensis

Pour commencer, voici  Beccariophoenix madagascariensis, un palmier monocaule (un seul tronc, ou stipe chez les palmiers), qui à l’état adulte ressemble fort à un cocotier.  Quand on sait combien le vrai cocotier (Cocos nucifera) est difficile à cultiver, malgré son caractère commun sur les littoraux tropicaux, et meurt en deça de 12°C, cette qualité est appreciable !

Une variété originaire des hauts plateaux de Madagascar serait suffisamment rustique pour passer un hiver doux ici. Certaines sources indiquent une resistance sans dégats à -4°C… A tester donc !

Sa croissance est relativement rapide, et son port est à la fois gracieux et original.  Affaire à suivre…

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