Les Magnolopsides, plus classiquement appelées Dicotylédones, représentent
l'ensemble le plus nombreux, comprenant environ 170.000 espèces réparties en 370 familles, et le plus diversifié des plantes à fleurs.
L'appareil végétatif
Typiquement, l'embryon possède deux cotylédons,
mais des cas de monocotylie sont parfois observés chez des ordres
primitifs.
L'appareil végétatif est extrêmement varié,
avec tous les types possibles de l'arbre à l'herbe en passant par
les formes lianescentes, succulentes, etc... Comme chez les Gymnospermes,
la racine s'allonge en une racine principale pivotante pourvue de nombreuses
racines secondaires. Ces racines peuvent prendre une grande extension : en
effet, elles peuvent devenir ligneuses chez les espèces vivaces, grâce
au jeu des formations secondaires.
Les tiges sont ramifiées et peuvent devenir arborescentes
grâce au fonctionnement des assises secondaires : on a alors des troncs.
ceux-ci son limités par une couche de liège, matériel
isotherme qui permet aux végétaux de supporter les froids hivernaux.
Ainsi, les Magnolopsides, grâce à la forme arbre-arbuste,
ont pu coloniser les régions tempérées et froides et
y constituer de vastes formations, comme la foret caducifoliée. Il
est à souligner encore que la forme herbacée n'est pas primitive,
mais évoluée : la grande majorité des plantes herbacées
dérivent en effet d'ancêtres de type ligneux. La forme herbacée,
au cycle végétatif court, favorise l'individualisation de nouvelles
combinaisons génétiques. Par ailleurs, les herbes des régions
tempérées, au lieu de bénéficier des conditions
constamment favorables des régions tropicales, doivent d'adapter à des
conditions climatiques variables, qui, elles aussi, concourent à l'apparition
espèces présentant des dispositifs adaptatifs évolués.
Les feuilles sont complètes et sont formées d'un
limbe à nervation palmée ou pennée ; d'un pétiole
et d'une base foliaire exceptionnellement élargie en gaine et munie
de deux stipules. Le limbe peut être plus ou moins divisé, à la
limite, les divisions intéressent les nervures secondaires : la feuille,
découpée en plusieurs lames ou folioles, devient composée.
L'appareil reproducteur
C'est certainement au niveau de l'appareil reproducteur que
les Magnolopsides montrent toute leur diversité.
L'inflorescence peut appartenir à tous les types. Les
fleurs sont accompagnées généralement de deux bractées
protectrices latérales appelées prefeuilles.
Le périanthe différencie deux enveloppes distinctes,
le calice et la corolle. lorsqu'une fleur ne comprend qu'une seule enveloppe
perianthaire, on la considère, par définition comme un calice
(soit sépaloïde, soit pétaloïde), elle est apétale.
La formule florale est couramment de type 5. Le type 3 se rencontre chez
des espèces primitives encore proches des Monocotylédones.
Le type 4 est observé ça et là et correspond le plus
souvent à une réduction évolutive du type 5.
La classification
Longtemps utilisée, la division en trois sous classes,
Apétales, Dialypétales et Gamopétales selon que les
pétales sont absents, libres ou soudés, a disparu des classifications
modernes. En effet, la soudure des pétales n'est pas toujours en corrélation
avec les autres caractères et, surtout, l'absence de pétales
peu être primitive ou due à une disposition secondaire résultant,
par exemple, d'un retour adaptatif à l'anémophilie.
En fait,
tous les taxons suivent, avec plus ou moins de retard, au niveau floral la
même évolution. Partant d'une fleur apétale et acyclique,
on aboutit à une fleur à pétales, cyclisée, dont
les carpelles sont soudés entre eux, puis au réceptacle floral
(ovaire infère). Il en résulte que la distinction des taxons
ne peut être réalisée que partiellement suivant la morphologie
florale.
Les progrès récents de la chimiotaxinomie ont
par ailleurs montré que la diversification des taxons correspond souvent à l'utilisation
de différentes familles de composés chimiques, les métabolites
secondaires, vis à vis de prédateurs.
Nous distinguerons donc :
- des Magnolopsides primitives, plus ou moins proches du stock ancestral ayant
donné naissance aux plantes à fleur. Les fleurs sont souvent
trimères et n'ont pas toujours acquis de pétales. Il s'agit de
deux sous classes : les
Magnoliidae à alcaloïdes
isoquinoléiques et les
Caryophylliidae dont les pigments
colorant les fleurs et les fruits appartiennent aux betalaïnes, pigments
primitifs ;
- des Magnolopsides moyennes à fleurs généralement
pentacycliques et à pétales libres ou devenues secondairement
apétales ou gamopétales en fin de phylum. Les métabolites secondaires y
sont très variés (tanins, alcaloïdes, saponine, myrosine...).
C'est, avec ses trois sous-classes, la taxon le plus nombreux. La structure du
réceptacle floral, plan ou bombé ou concave, ce qui correspond à une
protection de plus en plus poussée des organes sexuels permet de distinguer
les
Hammamelidae (réceptacle primitivement bombé ou
plan, apétalie secondaire), les
Dilleniidae (réceptacle
primitivement bombé ou plan, dialypétalie ou
quelquefois gamopétalie ) et les
Rosiidae (réceptacle
plan ou en coupe, dialypétalie) ;
- des Magnolopsides évoluées à pétales soudés.
On n'y trouve peu de tanins, mais d'autres substances sophistiquées :
alcaloïdes mixtes... : les
Asteriidae.